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:: Arazyon ::

 
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Sigvald
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MessagePosté le: Ven 17 Juin - 15:48 (2011)    Sujet du message: Arazyon Répondre en citant

Je sors de la crypte, épuisé. Je traîne mon marteau derrière moi, incapable de soulever son poids. En me voyant arriver, une poignée de zélotes se précipite vers moi pour me soutenir tandis que je m'effondre sur mes genoux. Au même moment, des dizaines de soldats se précipitent dans l'antre infernal qui vient de me gerber. Mon corps est en feu, chaque fraction de mouvement foudroie mes nerfs comme un orage s'acharnant à déraciner un chêne brisé. Mon armure me pèse...

Les trois gonzesses qui croyaient me tenir se cassent la gueule avec moi quand j'achève de m'étaler sur le sol boueux. Tout autour de moi est flou, j'ai du mal à détourner mes yeux de la majestueuse tourmente céleste de Kebheldorf, mais je vois une silhouette en robe qui chasse les zélotes d'un geste de la main droite, pendant que l'autre tient un livre ouvert. L'homme pose son regard sur moi sans se pencher, me sourit, puis porte son attention à une page du livre. Il se met alors à lire solennellement sur un ton salement bienveillant.


- « Tout châtiment juste sert une discipline. Toute discipline sert un enseignement. Béni soit le puni qui cherche la rédemption, heureux soit l'égaré que le bon guide sur la voie du salut. »

- « Nulle chaîne d'acier ne peut enseigner la Foi mieux que le cœur, car le métal créé par l'Homme ne peut que croiser le sillage du Divin sans jamais percevoir sa silhouette. » récité-je à mon tour.

Je n'arrive pas à distinguer son visage mais je sais que ses traits se durcissent. Je sens un sourire douloureux se dessiner sur mes lèvres pendant qu'il me tourne le dos pour s'éloigner de moi. Mon thorax supporte un dernier cri de ma part :


- Le Divin vous bénisse, Monseigneur !

Je ne suis pas sûr qu'il m'ait entendu, ma voix était aussi faible que mon souffle. Des hommes reviennent s'occuper de moi, mais mon regard est à nouveau fixé sur les cieux déchaînés. Ils tournoient, se gravent dans ma rétine avant de devenir brume et néant...
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MessagePosté le: Ven 17 Juin - 15:48 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Sigvald
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MessagePosté le: Lun 1 Aoû - 10:54 (2011)    Sujet du message: Arazyon Répondre en citant

Mes paupières se décollent avec peine sous une couche de croutes humides et sans doute jaunâtres, mais je ne suis pas ébloui par une lumière blanche et des reflets sur les nuages. Pas de vertueuses catins ailées à auréoles, pas de Grand Barbu pour juger ma vie et me dire si j'ai ma place au paradisiaque harem céleste ou à la sinistre orgie souterraine.

Une poignée de gonzes qui m'ont vu me réveiller me regardent du coin de l'œil, çà et là, mais soit ils ont pas le droit de m'approcher, soit ils en ont juste rien à foutre. Je suis dans un grande tente qui fait office de recueil pour les blessés ; je connais les bouchers qui y pratiquent, je sais qu'il y a que pour moi qu'on les contraint d'avoir de réelles intentions curatives.

Je suis à l'écart, mais j'aperçois quelques cadavres en sursis qui poussent des râles pendant que les asticots nettoient leurs plaies sans vraiment y penser. Échange de bons procédés. Les toubibs sont quand même là, j'devrais pas dire tant de mal d'eux, le mec que j'ai entendu hurler une seconde avant de s'évanouir vient probablement d'être sauvé par la scie qui a tranché sa jambe moisie rongée par un mal couleur nuit sans lune.


- Belle ouverture, enfoiré.

Le gars qui me parle, c'est un des rares gars à plus ou moins me considérer comme un humain et me prodiguer en conséquence un minimum de respect. Quelque part, en poussant vraiment loin, disons dans une réalité parallèle pas trop éloignée sans être trop proche, c'est ce que j'appellerais un ami. J'esquisse un rictus, pour la forme.

- Alors, mon score ?

- T'en as broyé une grosse soixantaine, t'as complètement décimé leur avant-garde. On a ramassé les miettes, on a envahi les niveaux inférieurs avec quoi... dix pertes ? Moins de morts que ce que tu vois d'amochés autour de toi, en tout cas.

- Magnifique.

Il est pas convaincant, mon "Magnifique", et lui aussi il sait que finalement, même si dans d'autres circonstances j'aurais été fier de ma prouesse, en l'occurrence ça me passe au-dessus. Il me jette un dernier regard, et sans se rabaisser à me sourire ou me saluer, il s'en va en se curant une molaire avec la langue.

Les jours qui suivent, je reçois très peu de soins, cette foutue armure fait tout le boulot. Mon corps est en flammes, chaque jour je prie comme j'aime prier, sauf quand un trou du cul en noir me force à larguer des citations du bouquin sur un ton solennel et monotone.

En deux semaines, je suis de nouveau debout, j'ai retrouvé la totalité de mes moyens. Je suis en train de me raser la face et le caillou quand une rouquine vient m'annoncer de manière bien formelle qu'on retourne à Arazyon pour préparer un nouvel assaut. Ils attendaient que moi, ces tas de merde, les autres blessés seront abandonnés sur place. Je finis pas ma besogne, j'empoigne mon marteau, le pose sur mon épaule et vais rejoindre la croisade sans trop me presser, les mains dans les poches si j'en avais.

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Sigvald
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MessagePosté le: Mar 2 Aoû - 11:40 (2011)    Sujet du message: Arazyon Répondre en citant

On aperçoit Arazyon d'extrêmement loin, par cette période de l'année. Ses murs brillent d'une couleur nacrée au soleil et le ciel sans nuage permet aux nombreuses volutes de fumée de parfaitement se dessiner à l'horizon. La plaine que nous foulons est une sorte de couloir montagneux large d'une bonne lieue. La cité d'Arazyon se trouve à son extrémité, ses flancs sud et nord ne faisant qu'un avec les falaises abruptes et impraticables qui la bordent. Nous venons de l'ouest ; à l'est de cette ville portuaire s'étend le calme océan du nord de l'Eurasie.

Cette configuration topographique fait d'Arazyon une véritable forteresse. Elle serait potentiellement sensible aux sièges, en cas d'attaque coordonnée par l'ouest et l'est, mais les innombrables tunnels souterrains qui s'enfoncent profondément dans la montagne jusqu'à des forêts isolées offrent des réserves illimitées de ressources. Seule une poignée de mecs importants et fiables connaît l'emplacement de chaque tunnel, et quand l'un d'entre eux est compromis, il est immédiatement anéanti.

L'assaut du barbare Hanorvarus est la seule occurrence historique où Arazyon a vu ses murs détruits et ses rues envahies. Depuis, les batailles qu'elle a subies n'ont fait qu'égratigner ses portes, tandis que cette région a accumulé d'irréversibles stigmates. Dans les livres écrits il y a cent ans, le sol sur lequel je marche, la Plaine de Shyrn'u'Zaï, était une vaste étendue d'herbe verte entretenue par des herbivores. Aujourd'hui, je ne vois plus que de la roche et des arbres calcinés. J'ai connu un nombre incalculable de guerres et d'atrocités... mais un paysage de poiriers brûlés et taillés en espaliers pour l'éternité, juste habité par les corbeaux et hanté par les pendus, est pour moi l'un des spectacles les plus sinistres qu'on puisse voir, une atmosphère noire et lugubre qui transcende de très haut la simple violence sanglante d'une guerre.

Plus on s'approche de cette étoile qui sert de capitale à la Croisade, plus les effets de lumière dus à la chaleur s'amenuisent pour laisser place à des murs pâles décrépis, entaillés et tachés de sang. Les grandes portes nous laissent passer dans un puissant grincement qui écrase les conversations et surplombe les tintements des armures. Puis on commence à traverser les rues, en discipline, sans un mot. Nous n'entendons que les femmes qui hurlent de douleur après avoir lu une liste qu'un officier vient d'afficher au mur de la Grand-Place.

Alors que toute ma troupe entre dans la caserne, je m'arrête. Deux prêtres se dirigent vers moi et, sans rien dire, m'escortent vers le Palais d'un air ferme et mauvais. Arazyon ne fait qu'une lieue de largeur mais de l'ouest vers l'océan, elle s'étend sur plus de trois lieues, peut-être quatre. Une cité-état, presque un royaume à elle seule. La marche est longue, je sais ce qu'il y a au bout. Je suis las. J'ai envie de hurler, de sauvagement assassiner mes deux geôliers, d'arracher cette armure et d'aller griller des pommes de terre dans un feu de cheminée. Mais la toute première partie de cette énumération suffirait à elle seule à me faire torturer pendant un mois, et je ne suis pas assez désespéré pour me laisser aller à ce point.

Je me soumets. J'attends. Je survis.

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MessagePosté le: Mer 3 Aoû - 11:51 (2011)    Sujet du message: Arazyon Répondre en citant

Je fais face au Naïlos Livae. C'est un mec important à Arazyon, un fanatique extrêmement influent et on ne peut plus impliqué dans mon sort, donc quand je dis que je lui fais face, c'est les yeux vers le carrelage, mon marteau dans une autre salle, une trentaine d'arbalétriers qui m'encerclent et trois fers de lances qui m'entaillent un peu la gorge comme des abeilles timides effleurant une fleur à peine interdite. Je me trouve dans une majestueuse salle du palais ; le plafond s'élève à d'innombrables pieds au-dessus de mon crâne, des vitraux illuminent les lieux d'une divine lumière dorée, des statues en or armées d'épées et de boucliers me regardent présenter mes épaules à un pauvre type en robe et mon cul à ses soldats.

Il porte la robe traditionnelle et ancestrale des Naïlos. Blanche, parcourue du col jusqu'au sol de nombreuses chaînes d'or à peu près épaisses comme un pouce. Il est chauve, porte des gants, et comme le reste de son corps dissimulé, son visage est atrocement brûlé. Dans sa main droite, vertical comme un poteau, son sceptre prismatique, la base de la magie arazyoni. Connaissant la puissance de Livae, je sais d'ailleurs qu'il n'aurait pas besoin de tout ce monde pour m'immoler par les flammes à ses pieds avant que j'aie eu le temps de lever un poing. Avec mon marteau, je peux prendre tous ces blaireaux à moi seul. Lui, je peux même pas l'approcher. Surtout pas avec cette armure. Baisser la tête quand il dit de baisser la tête, ça transcende le concept de fierté, ça s'appelle l'instinct de survie.


- Seigneur Sigvald...

Avec sa lourde voix qui résonne dans cette salle gigantesque comme le tonnerre dans une crypte, il pourrait annoncer qu'il va pisser tout en restant solennel et charismatique.

- Monseigneur...

- J'apprécie le travail que vous avez fourni à Kebheldorf. Je sais que des prêtres vous suivent pendant vos campagnes afin de jauger votre foi, mais vous êtes un fin menteur, ils sont aisément manipulables. Je vous le demande donc personnellement : serviriez-vous encore Arazyon si vous n'y étiez pas contraints par votre châtiment ?

Je n'arrive même pas à réfléchir à ma réponse. Ses mots ont autant résonné dans mes oreilles que dans mon esprit, je me sens minuscule, il m'arrache la vérité simplement en me regardant.

- Non.

- Pourquoi ?

- Je n'ai plus foi en la Croisade.

- Avez-vous foi en le Divin ?

- Oui.

- Prétendez-vous donc que ces deux voies divergent ?

- Oui. Pardonnez mon honnêteté, vous savez que j'aurais préféré vous mentir.

Il rit.

- À Kebheldorf, vous avez pourtant massacré des sectateurs impies qui crachaient sur le Divin par leur seule existence. Vous êtes-vous senti souillé par ce carnage ?

- Non, j'en ai tiré de la satisfaction. Mon titre n'était qu'un titre, je suis toujours le paladin Sigvald d'Arazyon.

Il paraît étonné par ma réponse.

- Vous êtes difficile à cerner.

- Quoiqu'on pense de mes actes, je ne suis qu'un homme honnête avec lui-même, peu m'importe la cohérence de mes sentiments.

- Sentiments que vous refusez de contrôler, là est votre erreur. La nôtre, également, de n'avoir pas décelé ce danger en vous. Votre esprit est bien trop chaotique et imprévisible.

- Sans doute.

- Je n'oublierai pas cette conversation.

Il ne change pas de position, personne ne bouge. Il se contente d'enchaîner.

- Le culte que vous avez affronté à Kebheldorf n'était pas une simple orgie de rebelles animistes. Ils vénèrent une entité qu'ils appellent la Reine du Sang, entité dont je soupçonne une réelle existence.

- Rien de divin ?

- Bien entendu. Mais j'ai mené une enquête, et certaines choses coïncident çà et là.

- Vous n'êtes pas clair.

- Je n'ai pas à l'être, vous vous contenterez d'exécuter mes volontés.

Vlan.

- Je sers la Croisade.

- Et vous la servirez à Arazyon pour votre prochaine mission. Je ne compte pas m'étendre sur des détails, un officier se chargera de vous briefer. Pour l'heure, contentez-vous d'enquêter discrètement sur une dénommée Hanara. Posez les bonnes questions aux bonnes personnes, je vous fais confiance pour ne pas mettre les pieds dans le plat comme le feraient bon nombre de mes propres hommes. Vous connaissez mieux que personne la fange de cette ville.

À Arazyon ? Je ne sens rien de bon arriver dans cette ville gangrénée à l'est par le fanatisme et à l'ouest par la misère.
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