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:: {Validée} Fausse ::

 
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Fausse
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MessagePosté le: Dim 19 Juin - 13:36 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Fausse



* Race : Humaine.

* Planète actuelle : Yrit.

* Condition sociale : Chasseur de prime.

* Description physique :

Un jour comme un autre, au Docteur Parnum, Hélios :


Mon cher ami, si je vous écris cette lettre, c'est pour vous narrer une rencontre que j'ai faite aujourd'hui même. Je ne pourrais pas exactement vous décrire ce que j'ai pu ressentir en le voyant, tout ceci est trop confus. C'était un homme, sans doute un être humain qui s'est tenu dans ce bureau, ce même bureau où nous prenons une fois par semaine le thé. Je vais essayer de vous le décrire.

Il était plutôt grand, approximativement, il devait faire 1,83 mètre, et pesait son poids. Il portait un long manteau sombre, tombant presque par terre, et sur sa tête trônait un vieux chapeau, puant le moisi. Lorsqu'il l'a enlevé pour me saluer, il a révélé des cheveux noirs comme les plumes d'un corbeau, ondulés et tombant un peu sur sa nuque, sa chevelure sombre encadrait son visage carré et dur, cet homme ne semblait pas subtil pour un sou. Il avait le front haut, un nez long et des lèvres pincées, fines et sèches qui lui donnaient l'air sinistre, ses yeux étaient perçant comme ceux d'un aigle. Décrire ce que j'ai ressenti en croisant ses yeux d'un rouge sombre, je ne le peux ; c'était comme si on me condamnait, c'était comme si je me retrouvais devant le juge qui décide l'endroit qu'une fois mort, je devrais rejoindre.

Ce regard n'était pourtant pas très expressif, il était froid et incisif, alors que ses sourcils épais se fronçaient, j'ai pu noter une lueur vive l'allumer l'espace d'une seconde. Ses larges épaules se sont secouées, lorsque ses grandes mains ont fouillé dans les poches de son vieux manteau pour retirer une cigarette, oh... pas un mot d'excuse, il n’a tiré sur sa cigarette sans me demander si ça me dérangeait, et ses lèvres bougeaient chaque fois qu'il crachait de la fumée. Je dirais que ce n'est pas le genre d'homme qu'on va attaquer, il semble fort, robuste et totalement banal, s'il ne dégageait pas cette atmosphère sombre et cynique.

Il a alors enlevé son manteau, révélant ses bras nus et musclés, tatoués de marque que je n'avais jamais vue auparavant, il semble pouvoir écraser un boeuf, mais ce n'est qu'une impression. Je ne dirais pas qu'il est intimidant, avec ses tatouages, ces bijoux en perles, et son regard d'aigle, je dirais simplement qu'il met mal à l'aise, on ne sait pas ce qu'il pense. Sa peau sombre quoique loin de ressembler à celle des Elfes Noirs, mettaient en avant ces tatouages curieux, c'était plutôt beau à voir, la manière dont c'était dessiné sur ses muscles, tandis qu'il me révélait sans la moindre hésitation les armes pendant à sa ceinture. Cet homme... est redoutable, pourtant ce n'est pas le genre de personne qui semble belliqueuse, mais mieux vaut ne pas le provoquer. Au bout d'un moment, il a parlé pour se présenter :

« Je suis Fausse, chasseur de prime, c'est vous qui vouliez la mort du Chatron ? »

Que dire de sa voix ? Sans doute que le nombre de cigarettes qu'il s'est enfilé a un rôle, mais par les oreilles des Elfes, qu'elle était rauque ! Une vraie grotte, une caverne, ténébreuse, elle m'a fait trembler. Il a tiré à nouveau sur sa cigarette, puis il a haussé les épaules, il m'a simplement ajouté :

« Je vous apporterais sa tête demain, quand la lune sera bien visible. »

Puis sans un mot poli, il est parti de mon bureau, il a remis son vieux manteau, et son chapeau, j'ai cru voir un fantôme.

Mon ami... je ne sais pas ce que je dois faire, voulez-vous bien être avec moi, lorsque ce drôle d'énergumène reviendra me voir cette nuit prochaine ? Il ne me fait pas peur... à vrai dire, je ne sais pas, il est étrange, animal. Il ne semble pas avoir de l'argent, et les gens comme lui sont capables de tout.

Signé votre grand ami, le Marchand Ursusse.

* État d'esprit :
Au Marchand Ursusse, la nuit suivante, Hélios.


Eh bien ! Je ne pensais pas un jour de voir un homme tel que celui-ci, je suis ravi de cette rencontre, et je comprends bien votre sentiment de malaise. Il est rustre comme un paysan, il est vulgaire comme un manant de la ville basse, et aussi beau qu'un porc s'étant lavé dans les excréments, j'ai été étonné que malgré tout, il puisse dégager cette insolente noblesse. Quand il s'est présenté à nous, un sac de toile sur son épaule, je ne pourrais montrer l'image qui m'est venue en tête, notre chasseur de prime est comme tous ceux de sa race : cupide et avide d'argent, mais les autres se tiennent mieux que cet homme-là. Jeter sur votre table ce sac de toile, ne renfermant rien d'autre que la tête du Chatron avec son affiche collée sur son front, c'était d'une provocation et d'une arrogance ! J'ai bien cru faire venir la garde pour une telle preuve de bêtise, il ne parait pas s'attaquer aux détails futiles ! Pourtant, il a tant de manières de nous prouver la mort de notre bouffon ! Et est-ce que vous vous souvenez de ce qu'il a dit, le Fausse ?

« Joli trophée de chasse, il serait bien beau sur votre cheminée. »

Je ne sais pas si le rustre était sérieux, mais tout de même, les mots qui sortent de sa bouche ne sont qu'un flot d'insultes à notre langue bien aimée. Il souriait en plus, le bougre, montrant ces infâmes dents jaunies à cause de la cigarette, d'ailleurs, il a bien faillit s'étouffer un moment, non ? Lorsqu'il a commencé à vous ordonner de donner l'argent que vous lui deviez, il a manqué de s'étouffer et se tenait la poitrine, ensuite je présume que la bouteille qu'il a sortie de son grand manteau n'était d'autres qu'un médicament. Je pense qu'il souffre d'un genre d'asthme ou une autre maladie de cette sorte, en même temps, il fume comme un nobliau venant tout juste de découvrir son opium. Cet homme est un mystère, et un paradoxe, un chasseur de têtes qui aime décapiter ses victimes joue-t-il aussi au ballon avec ? Ce ne serait pas étonnant, je ne sais pas quoi penser de lui. Cynique, vous comme moi vous l'avez trouvé ainsi, mais encore ? Il semble motivé que par l'argent ? Et ses dents jaunes rendent son sourire pervers, comme une courtisane buvant dans le verre de son client d'une nuit, ce ne serait d'ailleurs guère étonnant de le voir entre les jambes d'une femme. Tant de bassesse et de laideur dans une seule âme, c'est effrayant.

L'argent serait-il son seul motif ? Car, j'ai essayé de glaner quelques informations sur ce Fausse, il est connu de tous les pauvres, et ces êtres pervertis par leur médiocre misère, il ne loge nulle part et la rue semble être sa véritable maison. C'est un vagabond, je pense, mais on m'a raconté qu'il haïssait de tout son être les Biophages — je reconnais porter peu de sentiments pour ces choses —, et qu'il cherche à tous les exterminer. Folle entreprise qu'est la sienne, c'est impossible, ces choses se reproduisent aussi vite que des rats, et notre homme mourra avant même de voir leurs cadavres tomber à ses pieds. On le dit d'ailleurs doté d'un humour noir, sombre et joyeux... sans doute, mais il aussi curieux que les bêtes de Saranium. Et puis, avez-vous entendu la chanson qu'il a murmurée en partant ? C'est terrible, sa voix rauque et ces paroles, c'est terrible, je me souviens encore de quelques vers :

« M'dame la belette a bien envie d'une levrette,
Mais l'bonhomme ici présent était déjà en pleine branlette,
Alors, elle est allée voir une gamine toute choupinette.
Elle s'en est fait une fixette,
Puis lui a foutu une pichenette,
Avant de la manger en raclette. »


Mais quelle vulgarité, vraiment ! Il en a fait saigner mes pauvres oreilles, je crois que si je la croise encore, je lui ferais coudre la bouche. Enfin, lorsqu'il est parti, j'ai envoyé Ululu le suivre, savez-vous ce que Fausse a fait ? Il a compris qu'on le suivait, mais n'a pas tué mon Ululu, il lui a simplement proposé de voir un tour d'illusionniste : ainsi, il lui a dérobé sa bourse. Le pauvre Ululu n'a vu juste que le jeu de cartes, avec lequel Fausse se promène, si on entend parler d'un prestidigitateur nous saurons de qui il s'agit. Je crois qu'il faut l'enfermer, j'ai l'impression qu'il est fou. On ne sait pas qu'il est, et ni ce qu'il pense.

Bise à votre femme, votre ami, le Docteur Parnum.


* Histoire :

Ville basse d'Helios, un jour comme un autre.


Je dirais que je suis un homme plutôt heureux, certes je ne suis pas riche, certes je vis au jour le jour, mais j'ai une famille aimante, un petit frère en pleine admiration, et une jolie fille prête à tout pour moi. Quel homme ne pourrait pas ressentir du plaisir à sentir celle qu'il aime, toujours à ses côtés ? Landy est ravissante, pleine de malice et belle comme le jour : au point qui moi, fils d'une famille pauvre, je me prends à avoir l'âme d'un poète. Mais Landy est si extraordinaire ! Comment ne pas aimer une telle créature ? Dès que je vois sa chevelure violette, dès que je sens son parfum de lavande, et que je goûte à sa poitrine ronde et ferme, c'est comme si je me perdais dans une Odyssée de plaisir, et de sensations. Je ne sais pas pourquoi je ressens le besoin de crier mon amour pour elle, car c'est bien de ça dont il s'agit ? Mais j'en ai besoin, et puis je crois qu'elle est prête à rentrer dans ma famille, même si elle n'adresse pas à la parole à mon frère, je crois qu'elle serait bonne avec lui.

Fausse est d'ailleurs un peu timide avec elle, mais c'est un bon petit bougre, il aura douze ans dans une semaine d'ailleurs, et je lui prépare déjà un beau cadeau. J'espère qu'il ne mettra pas tout de suite la main sur la croix que je garde faite en argent, j'ai économisé pour qu'elle lui soit joliment faite. Je l'aime beaucoup, mon petit frère, j'espère que je serais à la hauteur.

Hélios, un autre jour prés de Vernask.


« Mon ami, avez-vous entendu parler de Salnar Prime ? Jamais je n'irais dans un tel endroit, infesté de Léonins et de Morts-vivants, quelles horreurs ! »

Une petite tête brune se retourna vers le couple qui lui bloquait le passage, haut comme trois pommes, il pesta entre ses dents et récolta le regard sombre de l'homme. Haussant les épaules, le gamin maudit les riches et leurs manies de se croire supérieur à tout, puis il fonça dans une ruelle. Il regarda sa petite main qui contenait seulement qu'une bourse de cuir, soigné et léger en pièce, il murmura d'autres injures pour ce butin maigre, mais fut tout de même content de lui : peut-être que son frère serait content, d'apprendre qu'il était capable de voler comme lui. Il rangea les pièces dans ses poches, et ne tarda pas à revendre la bourse de cuir, ce n'était pas la peine de s'encombre de ça. Il en gagna un bon nombre de pièces, même plus nombreuses que celles récoltées dans son vol. Il les fourra dans sa poche, et dérobant une pomme, il déambula dans une rue pauvre, puant urine et excrément, sans se soucier de l'épouvante ambiante. Néanmoins, il tourna à droite, puis à gauche, encore à gauche, et tomba sur une impasse.

Croquant dans la pomme, le gamin à la chevelure noire poussa une poubelle sur le côté, dévoilant un trou de sa taille dans le mur, et vint s'y glisser dans faire le moindre bruit. Il tomba dans un endroit encore plus sinistre que le précédent, mais loin d'avoir peur, il observa à peine les cadavres de cigarettes jonchant le sol, et grimpa à l'échelle pour sortir de la cave. Il laissa la trappe tomber dans un bruit sourd, puis tendit l'oreille pour essayer de déduire où se trouvait son frère. Il n'était pas plus grand qu'un autre enfant, il était juste plus chétif que la plupart, mais passait pour l'exemple typique d'un gamin de rue.

Seulement, ses yeux sombres se posèrent sur une porte, une porte tout bonnement banale, mais il pouvait entendre la voix claire de la copine de son frère, et il n'était jamais loin d'elle. On dit que dans les moments intimes des adolescents, le petit frère ou la petite soeur tombât toujours mal, et ce fut le cas pour Fausse, car son regard se posa sur le corps dénudé de la jeune femme. Oh... il ne vit pas grand-chose, mais grava dans sa mémoire le tatouage qu'elle possédait ; c'était une suite de roses qui glissaient sur la chute de ses reins, tandis qu'une queue de phénix (du moins lui semblait-il) tombait vers la raie de ses fesses, s'égarant dans un endroit qu'il n'était pas encore en âge de connaître.

Son frère cacha aussitôt le corps de la jeune femme de son long manteau, et soupira tout en riant devant les joues rouges du gamin. Elle sourit, mais elle était tout de même assez crispée. Le jeune homme était grand, fort et possédait une chevelure noire comme l'ébène, tandis que ses doigts longs et fins s'attelaient à fermer les boutons de son pantalon, il lança :

« Fausse... tu n'es pas précoce, tout de même ? »

Et il se mit à rire. Ignorant la pique de son frère, le gamin tourna la tête, alors que le jeune homme sortait de la chambre, lui ébouriffant les cheveux au passage. Il prit une cigarette, et la tira lentement, c'était son modèle, et Fausse espérait un jour l'atteindre.

Plus tard, alors que la lune s'était levée, et que le soleil s'était couché, le gamin dormait dans un lit de pailler. Il ne rêvait pas, ou du moins de peu choses, si bien qu'il remuait à peine, et eut du mal à sentir l'odeur de fumée pénétrer ses narines. Il pensa tout d'abord que c'était celle des cigarettes de son frère, venu voir s'il dormait bien, mais au bout d'un moment, il comprit que ce n'était pas la même odeur. Il grogna dans son sommeil, puis doucement, le gamin ouvrit les yeux et se leva, la couverture glissa sur ses genoux. Il éternua une ou deux fois, avant de sentir une vive chaleur envahir son corps, ce fut alors qu'il entendit un cri déchiré le silence de la maison. Fausse sursauta, tremblant, il se releva et se précipita dans le couloir.

Décrire ce que le gamin de onze ans vit à cet instant, c'était si terrible que toute pensée disparut dans son esprit. Les yeux grands ouverts, il fixa le corps de son frère tomber au pied de sa copine, et celle-ci écrasait la tête du corps de son pied plein de sang, elle tenait un couteau dans sa main droite. De sa main gauche, elle tenait une allumette qu'elle laissa tomber près de sa victime. Fausse tomba en arrière de peur, et d'horreur, était-ce bien le corps de son frère ? Était-ce bien son modèle qui venait de perdre la vie ? Du moins... ce fut ce qu'il crut, jusqu'au moment où, il bougea la tête et parvint à articuler :

« Fuis... »

La jeune femme observa une autre allumette, tandis que l'ombre des flammes se dessinait derrière son dos, un sourire perfide déchira son beau visage. Fausse tenta de reculer, mais la peur le clouait sur le sol, il était obsédé par ces lèvres froides, ces lèvres sèches qui n'étaient d'autre que celle de son frère. Son grand frère était... mort ? Il n'y avait plus d'âme ? Il... ? Maladroitement, Fausse rampa jusqu'au cadavre, et toucha ces cheveux noirs, puis cette joue qui le glaça tout de suite, mais la jeune femme le saisit soudain par les cheveux et le plaqua contre le mur. Il cria évidemment, les larmes aux yeux, la peur au ventre, son coeur tambourinaient fort dans sa poitrine, jamais il n'avait pensé qu'une femme puisse avoir tant de force ! Il cracha sur sa figure, et elle colla son genou dans son ventre. Fausse s'écroula par terre, et la main tremblante, il ne cessait de fixer le corps plein de sang, perforé, percé et brisé de son grand frère, espérant le voir bouger dans toute cette folie, espérant qu'on lui dise que tout ce n'était qu'un horrible cauchemar. Mais la réalité brûlait sa rétine de son épouvante, si bien qu'il vomit sur le plancher, sentant le feu devenir plus fort, sentant le pied de la jeune femme s'écraser contre son omoplate.

Il cria et cria et cria jusqu'à s'en déchirer la voix, il ne criait pas pour la douleur qu'elle lui donnait, mais celle qu'il avait reçue en voyant le corps de son frère, et ces lèvres sèches murmurer ce « fuis », mais il n'y arrivait pas ! Il gémit et refusa de cracher un mot de supplication, alors qu'elle amenait prés de son visage une nouvelle allumette, Fausse grogna et pris d'une rage soudaine, il se retourna et saisit sa main pour lui arracher l'allumette qu'il lança sur elle. Surprise, elle chancela et recula, pendant que le gamin se relevait en clopinant. Le feu s’embrasa aussitôt derrière lui, mais pourtant, il pouvait sentir ce regard sur lui, ce regard plein de haine qui lui arracha les tripes, il savait ce qu'il devait faire : partir... mais où ? Il boita jusqu'à la sortie, alors que derrière lui, Fausse percevait ce bruit de pas infâme, il se laissa tomber quand il arriva dans la rue, sentant le regard des gens sur lui, mais il se releva bien vite.

Elle était là... devant la porte, il le savait, il sentait son regard sur son être. Le gamin poussa sur ses jambes et déambula dans la ville, courant de toutes ses forces, le coeur au bord des lèvres, il ne se retint même pas de vomir quand il crut arriver devant le portail. Il fallait faire vite... mais ? Il ne savait pas exactement, il toucha le portail et se laissa tomber à genoux, le souffle haletant, il ne savait plus très bien pourquoi il fuyait, ni même la raison de ses larmes. Où aller ? Il ne savait pas, il entendait à peine ce qui se passait, il pouvait toujours sentir le danger, mais il ne comprenait pas ce qui se passait, son monde était devenu sourd. Il fronça les sourcils et murmura faiblement :

« Salnar Prime... »

Et quand ses yeux clignèrent pour s'habituer au pâle rayon de la lune, le gamin comprit seulement qu'il était perdu au milieu de nulle part, et qu'un silence sinistre l'enveloppait. Il remua, frémit et chassa les peurs survenant dans son esprit, et surtout ce cadavre qui tombait sur son regard comme un voile, il avait l'impression que son être entier se déchirait de douleur, il avait l'impression qu'on lui enfonçait mille aiguilles dans le coeur. Perdre un proche, ce n'était pas une expérience agréable, et le gosse était juste en train de le comprendre. Il se releva encore, poussé par une volonté de survivre qui malgré tout, restait bien encrer dans son crâne, il avait bien penser en recouvrant ses esprits, et la situation : « Il est mort... à quoi bon vivre ? », mais se laisser mourir l'écoeurait trop. Si bien qu'il fit un pas, puis un autre, tremblant de froid, tremblant de peine.

Et il marcha sur quelque chose, quelque chose de froid et de mou qui lui fit baisser la tête, il fronça les sourcils. Ses yeux se posèrent sur le crâne qu'il venait de souiller, puis sur le corps enfouis sous un sable noir, il fut prit de nausée et recula pour vomir encore, toussant, bavant et pleurant, il jeta un coup d'oeil apeuré au corps enfouit sous le sable. Où était-il ? Il ne savait plus, il ne comprenait plus, il avançait et c'était tout. Et pourtant, plus il observait le corps, plus il avait l'impression de sentir de la vie l'animer, chose qui se révéla pour de vrai, quand subitement, le corps bondit hors du sable.

Bien entendu, le gamin sursauta, et fut encore plus désarmé devant la situation, et le corps en putréfaction qui fonça sur lui. Il chercha encore à s'enfuir, ne faisant que ça depuis le début du malheur, mais tomba encore contre un corps, tandis que le Mort-Vivant prenait sa gorge et reniflait son cou. Il frémit, les larmes aux yeux, il cracha encore de la nausée sur le côté, paralysé par la peur, alors que les mains du Mort Animé déchiraient sa chemise, il ne fit rien pour l'en empêcher, voyant les ombres des autres prédateurs se lever au loin. Le Mort-Vivant lécha sa poitrine, et ouvrit grand la bouche. Un éclair dans le ciel noir de la nuit, et une voix ténébreuse le ramena à l'espoir, une voix qui chantait ces mots :

« Y avait un regard,
Un grand ami crevard,
Qui a donné un coup dans le lard,
D'un pauvre tocard,
Avant de lui enfoncer son dard ! »


Ce que Fausse vit à cet instant ? Il ne vit qu'une ombre plus grande que les autres, mouvant et dansant sous la lune, chantant ces paroles dans lesquelles il ne trouva aucun sens, mais cette voix sans doute humaine le rassura au point, où il vit une lueur dans le désespoir qui l'avait prit. Bien sûr, le gamin recracha ses tripes quand le Mort-Vivant tomba sur lui, semblant perdre vie, alors que la grande ombre volait dans le ciel, laissant surgir autour d'elle de grands éclaris blancs, perçant le crâne des Morts Animés. Le gamin roula sur le côté, et se replia aussitôt sur lui-même, tremblant, toujours tremblant, et faible, comme l'était un enfant de onze ans ; le grande ombre chantait toujours, riait parfois, et tuait avec une folle indifférence, le monde était-il doué de raison ?

Et la Grande Ombre tomba devant lui, Fausse refusa de relever la tête, craignant de voir un de ces monstres prendre une forme presque humaine, mais il ne tarda pas à sentir la main de la Grande Ombre qui le tira vers lui sans plus de cérémonie. Malgré lui et au bout d'un moment, Fausse rouvrit les yeux et les posa sur les Morts-Vivants, ils n'étaient pas morts, au contraire, ils bougeaient encore, mais l'autre le laissait glisser dans le sable, comme s'il n'était qu'un sac à patates. Pourtant, il le jeta sur un cheval, avant de grimper derrière lui ; il fit grincer une allumette et tira sur sa cigarette, puis cracha la fumé sur le groupe de Morts Animés, il leur fit signe et lança non sans une voix victorieuse :

« Et c'est bien trop tard,
Parce qu'un gros dard,
C'est que c'est rare
Quand on arrive à l'enlever, connard ! »

Il laissa sa cigarette tomber, et donna deux coups de talons sur son cheval. Fausse se tint contre lui, écoutant cette voix rauque et laide s'élever dans le silence, briser les cris terribles des Morts-Vivants, alors que la Grande Ombre s'élançait dans le désert de sable noir, fumant et chantant comme si la vie était en train de commencer.

A Lolendill, la nuit, je ne sais pas exactement où.


Mon ami, enfin mon lionceau, je dois te prévenir de la plus belle connerie que j'ai faite de toute ma vie : eh ! Pourtant, tu sais bien que j'ai un niveau difficile à atteindre dans ce domaine, j'en paye des grosses, mais sauver un gosse de Morts-Vivants... jamais je l'avais fait, c'est con, vraiment con. J'étais en train de chasser dans le désert, j'avais envie d'oeuf d'aigle, et c'est là que j'ai trouvé ce môme, petit et faible, prochain repas de ces cadavres pas foutu de crever normalement. Je ne sais pas ce qui m'a pris, tu sais bien que je suis le genre d'être qui agit seulement, et seulement si j'en tire avantage. Et quel avantage aurais-je eus de sauver ce gosse ? Et j'ai sauvé ce gamin, je sais juste que c'est un humain, et ce dernier est tombé dans les pommes. L'heure tardive ? Eh bien, on est dans une grotte, si tu es un jour intéressé par cette information, je lui ai donné mon long manteau comme couverture. Il a l'omoplate abîmée, le visage tiré, je crois qu'il a beaucoup pleuré, et il cauchemarde pas mal dans son sommeil. Je pense l'abandonner à la prochaine ville que je vais trouver, un gosse, moi, je ne suis pas capable de m'occuper d'un gosse... pourtant... j'ai l'impression que je dois le garder prés de moi.

Je te chie dans la bouche, en gage de notre grande amitié. Machin le Truc du Bidule de la Chose.


Fausse dévisagea un bon moment la chose qui se trouvait en face de lui, enfin... c'était vaguement humain, effectivement, mais sa connaissance du monde se résumait à ces petits bourgeois venant envahir les rues de la ville basse au nom d'une compassion hypocrite. Non, ce n'était pas un être humain, et il avait un drôle d'accoutrement. Il n'était pas très grand, malgré le fait qu'il paraissait d'être de sexe masculin, il se tenait accroupit prés d'un feu, où dans une veille casserole un morceau de viande gîtait dans de l'eau... malsaine. Ses mains pendaient dans le vide, révélant une peau noire comme la nuit, et ridé par le voyage ; il n'était pas laid, comme il n'était pas beau, il portait une veste longue grise glissant sur un sol crasseux, un pantalon large et des bottes de cuirs rapiécés. Sur son épaule, une arme d'Hast reposait, alors que sa chevelure immaculée tombait lourdement sur ses faibles épaules, ses oreilles en pointes étaient à l'affût du moindre bruit. Ses lèvres minces se tordaient dans une moue comique, alors que son nez proéminent gâchait la beauté de ses traits, il avait l'air farouche et accessible, tant de paradoxes qui laissèrent Fausse perplexe. Sur son nez, une paire de grandes lunettes aux vitres teintées de sombre cachait son regard, un regard que Fausse comprit comme étant aussi perçant qu'un aigle, et pourtant, il ne sentait pas de violence chez l'Elfe Noir. Il lui avait fallu un peu de temps pour comprendre ce que c'était, cet Elfe noir, cette Grande Ombre l'avait sauvé d'une mort certaine.

« Yo... ami humain, je m'appelle Crocue ou Machin le Truc du Bidule de la Chose, mais je préfère Crocue, plus court. »

« F...f... Fausse ! »

« Fausse ? Répéta l'Elfe en fronçant les sourcils. Haha, et tu vivais dans un fau-ssé avant ? Et on t'a donné une fessée pour que tu te retrouves ici ? »

Fausse... ignora volontairement le mauvais jeu de mots de son interlocuteur, comprenant juste que la chaleur qui l'enveloppait n'était rien d'autre qu'un grand manteau, rêche et fait dans un mauvais tissu, mais le gamin ne faisait plus la fine bouche depuis des jours. Il bailla et remua la tête, enfin il fourra sa main griffue dans la casserole et lui lança le morceau de viande que le gamin s'empressa d'avaler. Mordant dans la chair dure comme de la pierre, Fausse continuait de détailler sans honte l'Elfe Noir, qui venait de s'arrêter de rédiger une lettre. Enfin, il enroula le parchemin et siffla entre ses dents, son cheval montra alors son énorme tête dans la grotte. Crocue fit signe au gosse de le suivre, tout en rangeant le peu de nourriture qu'il avait sortie :

« On va se tirer ailleurs, maintenant que tu es réveillé, je n’ai pas envie que mes os se retrouvent coincer entre leurs dents. »

Fausse ne bougea pas, car déjà il pouvait sentir les larmes revenir, acharnées, perler ses yeux. Crocue soupira et lui fit signe d'approcher, il tendit sa main recouverte d'un vieux mouchoir, Fausse examina ce que l'Elfe Noir faisait, quand soudain celui-ci fit tomber le mouchoir par terre. Quelque geste aprés, il tendit un morceau de sucre au petit garçon qui le dévora sans attendre.

« Ne chiale pas, tu perds trop d'eau. »

À Lolendill, je ne sais vraiment pas, où je suis.


Salutation, ami Lionceau ! Ca fait une semaine maintenant que j'ai trouvé le gamin, Fausse qu'il s'appelle, drôle de nom qui a le mérite de me faire rire, tu ne peux pas imaginer la tonne de jeu de mots foireux que je peux faire, c'est l'éclate. Par contre, je n’ai pas idée de ce que je dois faire, je t'avouerais que j'ai peur de l'abandonner. D'après ce qu'il m'a dit, il vivait avec son frère à Hélios, quand celui-ci s'est fait buté par sa copine, elle doit ne pas supporter avoir ses règles, celle-là. C'est chiant, une fille quand ça voit la Reine rouge, enfin. Fausse a du mal à s'en remettre, je comprends, mais bon... à chaque fois que je songe à le laisser sur la route, je trouve une raison de le garder avec moi. Salnar Prime n'est pas une terre pour un enfant, et je t'aurais bien demandé de le garder pour moi, mais tu es aussi aimable qu'un Haut-Elfe !
Hier d'ailleurs, j'ai fait une autre connerie qui repousse ce faible désir de le laisser crever. On était encore dans ce maudit désert, on faisait une pause parce que le canasson était crevé. Je fumais tranquillement, respirer l'air malsain de la cigarette, ça me fait toujours un bien fou, et j'ai réfléchi pour dire au moucheron :

« Donne-moi une bonne raison de te garder. »

T'aurais vu le regard qu'il m'a lancé, j'ai eu l'impression d'être un vrai salopard — tu n'as pas intérêt à me le dire ! —, il a haussé les épaules pour avouer :

« Je n’en ai aucune. »

Au moins, on peut dire que le môme est franc, c'est rare de nos jours. J'ai grogné :

« Bon... viens-la Faussy ! »

Je crois qu'il n'aime pas trop mon surnom, pourtant il est bien, hein ? Alors le gosse s'est rapproché, et j'ai pris une pièce d'un sou, je l'ai caché dans l'une de mes mains. Il m'a fixé comme une bête curieuse, longtemps avant de se décider et de désigner ma main droite, c'était la bonne. Je me demande ce que j'aurais fait, s'il s'était trompé, décider de chose importante avec ce genre de jeu complétement con, c'est ma spécialité. Mais au moins... ça me donne le coeur plus léger, je n'aime pas faire des choix, et c'est grâce au hasard que je vais le garder à mes côtés, du moins jusqu'à ce qu'il soit capable de se débrouiller.

Je te chie encore dans la bouche en grâce d’amitié, Machin Truc du Bidule de la Chose.


Journal de bord de Fausse, quelque part dans Salnar Prime.


Je pense qu'aujourd'hui, ça fait quatre ans que je suis avec Crocue, je n'ai pas vu le temps passé. Et je crois que je suis bien avec lui, il n'est pas très subtil, ni très droit, mais il sait ce qu'il faut faire dans toutes les situations que nous avons rencontré, et jamais il ne m'a laissé tombé, alors qu'il en avait tant de fois l'occasion. Mais je crois que ce ne serait pas avec lui que j'apprendrais la politesse, il ne veut pas m'embarrasser de ça.

« Putain de bordel de merde ! Ça me fait chier ! »

C'est un exemple typique de son caractère, car lorsque nous avons pris le portail de Yrit, on est lamentablement tombé dans un marécage, ou je ne sais pas exactement quoi, en tout cas ça puait ! Autant que Crocue lorsqu'il ne se lave pas pendant plusieurs jours. Moi, comme à mon habitude, quand j'ai vu la tête que l'Elfe noir a tirée, je me suis pété de rire, tandis qu'il essayait de s'extraire de la boue, qui pourtant envahissait ses vêtements et ses bottes. Je ne l'avais pas su si soigneux et manière, mais en tout cas, il a fait un pas et s’est gamellé dans la boue. Ses cheveux blancs pleins de boue et de merde, il a relevé la tête et m'a regardé :

« Faussy ! Arrête de rire, ce n’est pas drôle. Putains de merde, ils ne peuvent pas inventer un truc ? J'en ai marre de tomber dans des endroits bizarres, la Strucutre... ouais eh bien, elle est déstructurée ! »

Enfin... après plusieurs jours de route, on est arrivé à Landaj pour voir son ami, Lolendill. Toujours bourru, celui-ci nous a d'ailleurs salués d'un signe de sa tête de lion, c'est tout de même impressionnant, les léonins. Crocue lui a donné une tape dans l'épaule, usant toujours de ces surnoms débiles qu'il adore donner aux gens :

« Salutation, Lol ! Alors... comment va ?
— J'irais mieux si tu cessais de me donner des noms totalement cons. »

Crocue a haussé les épaules, puis sortant son paquet de cigarettes, il regarda la foule. Je ne sais jamais à quoi il pense, ce qui est assez perturbant, mais c'est quelqu'un de bien, je crois, il a donné un coup de pied dans un paquet, tout en disant :

« Ouais... moi j'irais mieux si je pouvais écarter les jambes d'une Haut-Elfe, j'en rêve... »

Lolendill remua et soupira, alors que je mis à rire, piquant sa cigarette pour tirer dessus. Il croisa les bras, et demanda :

« Enfin... elle est là, hein ? »

Elle ? Je fronçai les sourcils en interrogeant Lolendill du regard, il approuva pourtant et nous montra d'un signe de museau une jeune femme. Je crois que pour une fois, j'ai trouvé ce que c'était la véritable beauté ; elle était superbe, que dire de plus ? Assise sur une caisse, alors que le marché vivait derrière le léonin, elle fit un signe de la main à Crocue. Elle possédait une magnifique chevelure violette tombant en cascade de boucle sur sa tête, elle laissait sa gorge à vue de tous les hommes, fermement serrée dans un corset de velours. Elle portait une jupe plutôt courte, en cuir, révélant ses jambes fines et mises en valeur dans des bottes à lacets, elle avait des yeux verts, une bouche rouge et un air mélancolique qui me fit frémir.

« Faussy... ferme la bouche, ta cigarette va s'éteindre dans ta bave. »

Crocue et toujours ses interventions pleines de poésie ! Au moins, je lui rendis sa cigarette de merde, alors qu'elle se levait et venait vers nous. Elle croisa mon regard, et je baissai aussitôt les yeux, impressionné, Crocue murmura :
« Elle est belle, hein ? Mais fais que rêver, cette femme est capricieuse.
— Et c'est ce qui te plaît, non ? Fit-elle en souriant.
— Ta grosse poitrine surtout, c'est... »

Crocue récolta une tape de la part de Lolendill, il râla dans une barbe qu'il n'avait pas, et me regarda :

« Fausse... voici Landy, c'est une biophage.
— Croc' ! Gronda-t-elle.
— C'est un ami, ne t'en fais pas. »


Et j'ai encore oublié la date !


Un jour comme un autre, dans un monde comme un autre.

« Hey Landy ! Tu veux écouter ma nouvelle chanson ? »
La jeune femme se tourna vers l'Elfe Noir, portant sur lui un regard sombre et ennuyé, Fausse en profita pour contempler son cou de cygne, avant de chasser toutes les idées de désirs qu'elle diciminait dans son esprit. Il tripota un bouton de sa chemise, alors que malgré tout, elle hocha la tête. Crocue sembla content de lui, et de sa réponse, il mordit dans un morceau de cuisse, il s'étouffa avec, avant de reporter son attention sur le ciel noir s'étendant sur sa tête. Il se mit alors à chanter de sa voix monstrueusement rauque, sans beauté, sans rien :

« C'était une tête de poisson,
Qui n'émettait pas un son,
Pour cause, car sourions :
Dévorons, mangeons, bouffons, déféquons,
La pauvre bête de cette chanson.
Un repas délicieux ? Sans façon. »


La jeune femme soupira et lâcha :

« Ça change de ces comptines lubriques que tu aimes. »

Crocue se mit à sourire, il avala une autre bouchée et prenant une carte, il la jeta à Fausse qui la prit au bon moment. Il la tourna, et la retourna sans comprendre ce que lui voulait l'Elfe Noir, et haussant les épaules, il observa Landy admirer le feu de camp, sentant dans ses entrailles quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. Pour personne, et même pour Crocue qu'il aimait pourtant comme un frère. L'Elfe Noir le vit la regarder, mais fit preuve de tac et pour une fois, il ne fit pas le moindre commentaire. Il passa une main dans ses cheveux blancs, puis rehaussa ses lunettes sombres sur son nez noir. Landy alla s'allonger plus loin, laissant une couverture de laine tomber sur son corps, tandis que les rayons de la lune éclairaient sa chevelure, une chevelure que Fausse aurait adoré toucher.

À Zennph, une nuit.


A sa grande surprise, et il ne savait plus comment c'était arrivé, Fausse s'était retrouvé dans une chambre de l'auberge. Allongé sur le lit, l'esprit embrumé par l'alcool, le jeune homme laissait glisser ses mains sur les fesses de la jeune femme, alors que celle-ci prenait ses lèvres et les mordait, dévorée par l'envie. Son coeur battait à la chamade, et l'adolescent aima songer que ça lui faisait le même effet, elle se colla d'ailleurs contre lui, et il frémit en sentant ses seins s'écraser contre son torse. Il passa une main dans ses cheveux, effleurant son cou, il déposa un baiser prés de son oreille, il ne savait pas ce qu'il devait faire, et la peur le prenait, ainsi que l'excitation, bien visible au passage. Elle passa une main sur sa cuisse, pendant qu'il défaisait d'une main tremblante les lacets de son corset, noué dans son dos. La nuit était noire, la lune brillait, tandis que son corps brûlait, et que sa troisième jambe souffrait d'être enfermée dans un endroit si serré qu'était son pantalon. Il laissa tomber le corset, et elle se redressa pour qu'il puisse lui voler un baiser plein d'ardeur et de passion, une main toucha un de ses seins, alors que luttant encore un peu pour la forme avant de lui sauter dessus, Fausse tourna la tête sur le côté. Chaque parcelle de sa peau était dévorée par les lèvres rouges de Landy, et aventurant sa main sur la partie intime du corps de son amante, l'adolescent contempla leur reflet dans la vitre. Il fronça les sourcils, soupirants, voyant son regard voilé se refléter, et le corps splendide de la jeune femme.

Il effleura son dos, puis caressa sa fesse avant de voir un tatouage apparaître dans le reflet. Il serra les dents, pris dans une tornade de plaisirs et de souvenirs remontant violemment à la surface. Une marque sur ce corps, une marque que jamais Fausse ne pourrait oublier, et le désespoir le prenait à la gorge.
Son frère... mort devant lui par sa copine, cette même copine qui possédait un tatouage de roses, où une queue de phoenix glissait jusqu'à la raie de ses fesses. Il grogna, tandis qu'elle entrait sa main dans son pantalon, et il se raidit aussitôt. Non pas de plaisir, mais bien de dégoût, car la situation était un véritable drame ; n'était-il pas en train de roucouler avec la salope qui avait tué son frère ? Et aussitôt, il posa ses mains sur ses épaules. Il la renversa et la plaqua contre le lit, il lui enleva cette main perverse et ne vit plus cette femme si désirable, il ne vit plus ce corps qu'il avait désiré pendant plusieurs mois, il ne vit qu'une immondice qui s'était foutue de lui. Le démon était là, celle qui avait tué son frère pour une raison qui ne l'intéressait pas, était en train de jouer la chatte en chaleur, miaulant pour appeler son désir. Pourtant, Fausse s'empara de ses lèvres, collant ce corps si détestable contre le sien, tandis que sa main se baladait sur la table de chevet à sa droite. Il ne tarda pas à toucher le poignard, et alors qu'il mordait la lèvre de Landy, il leva la lame.

Ce ne fut pas elle pourtant qui fut surpris, mais bien lui. Elle le mordit dans le cou, et Fausse hurla de douleur, sa main se resserra toutefois, et si elle ne l'avait pas pousser brutalement hors de ça couche dans un cri de rage, Fausse lui aurait enfoncé le poignard dans la gorge. Elle sauta et véritable diablesse, elle fonça vers la fenêtre. Fausse fonça sur elle, hurlant, jurant et donna un coup de poing dans la vitre, la manquant encore de peu. Encore en pantalon, totalement refroidi, il jeta sur elle la table de chevet qu'elle évita à nouveau. Landy fondit alors dans le couloir pour crier :

« Au secours ! Crocue ! Il... il veut me violer !
Salope ! »

Il lui saisit le poignet et la plaqua au sol, prenant le couteau, il l'enfonça de peu dans sa poitrine, car Landy attrappa son poignet pour mordre dedans. Il hurla, et elle renversa la situation ; sur lui, écrasant les parties du jeune homme avec son genou, toujours nue, sa chevelure tombant sur sa poitrine, elle prit la main de l'adolescent pour lui faire toucher son intimité, elle hurla :

« De toute façon, tu aimes ça, hein ? Avoue ? »

Et Fausse ne comprenait plus, il était juste aveuglé par la haine, et l'envie de tuer cette salope. Il lui arracha les cheveux et lui donna un brutal coup de tête, ensuite sans qu'il n'arrive à comprendre, une Grande Ombre se jeta sur la jeune femme. Crocue lui porta un coup dans les côtes, tandis que se relevant, Fausse se jeta aussi sur elle. Mais vive comme l'éclair, rapide comme un renard, elle parvint à s'enfuir et courut dans le couloir. Poursuivi par les deux mâles, elle monta à l'étage, toujours nue et grotesque figure criminelle, elle renversa un homme au passage, tua une femme et sortit sur le toit. Fausse ne s'arrêta pas une minute et face à elle, il lui lança un regard noir de haine. Haletant, il pouvait sentir le froid engourdir ses muscles, le froid de sa colère. Crocue derrière lui comprenait tout juste la situation, et garda le silence. Landy ramena ses bras contre elle, puis hurlants, elle sauta sur l'adolescent pour déchirer sa peau de ses ongles. Le jeune tomba en arrière, tandis qu'elle lacérait son torse, frappa son ventre avec son genou et elle mordit soudain son oreille. Elle lui arracha le poignard des mains pour l'enfoncer dans l'épaule de toutes ses forces. Si Crocue n'était pas intervenu, Fausse aurait perdu son bras, mais l'Elfe Noir se prit rapidement un coup de tête et chancela, tandis que le poignard perça son cœur.

Lentement, Landy recula jusqu'au bord, tremblante, elle posait sur les deux êtres un regard empli de haine noire. Et pourtant, ça n'avait rien de comparable face à la fureur qui prenait le corps de Fausse, le jeune homme toucha sa plaie, frémit et fixant Landy, il courut sur elle en levant le poing, mais la jeune femme fit un pas sur le côté. Ce fut bien trop tard, car elle le poussa brutalement et la main de l'adolescent ne parvint même pas à toucher le rebord qu'il s'écrasa en bas. Avec un petit rire malsain, elle lâcha :

« Pauvre con... et toi ? »

L'Elfe Noir gardait les yeux grands ouverts, c'était bien trop pour qu'il ne puisse le croire, il n'osait imaginer le corps de son ami, éclaté en bas, comme un pantin totalement désarticulé, si bien qu'il ne bougea pas. Le poignard en main, Landy se rapprocha de lui, alors que tremblant, l'Elfe Noir ne fit rien pour l'empêcher de lui enfoncer le couteau dans la gorge. Il ne cria pas, son corps n'étant qu'un amas de couleur, mais sa main cherchait dans son vêtement un morceau de papier qu'il gardait toujours, tandis que la Biophage se tournait vers la lune, victorieuse. Il profita de ce moment de répit pour écrire d'une main tremblante :

À Lolendill, mon dernier jour...


Fausse, protèg...

Mais sa main ne put terminer d'écrire la suite, car Landy pénétra sa main avec le poignard. Elle lui donna un coup de pied, et Crocue roula sur le côté, son sang coulait sur le morceau de papier qui reçut un crachat de la part de Landy. Un nouveau petit rire secoua la jeune femme, devant cette lune blanche, blanche comme la mort.

Rapport du Doctur Turilipine.


Il y a quelque jour de ça, nous avons trouvé un adolescent de seize ans dans les rues, il était dans un sale état, et je ne sais pas comment il a survécu. Apparemment, il a chuté d'un immeuble, accident ? Ça ne semblait pas l'être.

Selon les informations que nous avons récoltées, il devait passer la nuit ici avec l'Elfe Noir que nous avons retrouvé mort, on nous a dit qu'il était aussi accompagné d'une jeune femme, mais nous ne l'avons pas retrouvé. En tout cas, nous l'avons gardé un bon moment, lorsqu'un manant est blessé, c'est simple de lui contracter une dette, même si je suis surpris de voir la manière dont il veut la régler. Il y a une heure ou deux, il se tenait devant moi, ses jambes tremblaient devant la douleur. Je l'avais convoqué à la base pour lui parler de sa dette, nous lui avons sauvé la vie après tout, et ce ne sera pas gratuit, c'est rare de voir tant de détermination. Bien sûr, les jeunes gens font souvent preuve d'ambition et d'ardeur, mais lui, c'était différent. Il tremblait, et pourtant, il me défiait avec insolence :

« Je vous rendrais l'argent que je vous dois, si c'est ce que vous inquiètes.
— Et tu comptes t'y prendre comment ? Lui avais-je demandé. »

Il désigna alors l'affiche derrière moi, je me retournai et observai avec surprise la tête mise à prix qu'il semblait vouloir. J'ai alors ri et joignant les mains, j'ai lâché :

« L'espoir est une bonne chose, mais tu es ridicule : tu n'es qu'un adolescent, et encore en convalescence. Comment vas-tu faire pour ramener la tête de cet homme ?
— Je vous la ramènerai dans trois jours. »

Quel prétentieux, mais je l'ai tout de même laissé partir, affecté par la mort de l'Elfe Noir. De toute façon, je le fais suivre, et je suis tout de même curieux de voir ce qu'il va faire.

Journal de Bord du Chasseur de Prime, Fausse, Hélios.


Aujourd'hui, je dois avoir vingt-sept ans, ça fait donc environ dix ans que Crocue est mort, et je ressens toujours tant de chagrin quand je pense à lui. La Salope m'a volé les deux frères que j'ai eus durant ma vie, un jour, je lui ferais payer pour ses crimes. Aujourd'hui, on m'a envoyé tuer un Haut-Elfe, ces types au visage fin et à la peau de farine, ils me dégoûtent et celui que je devais tuer était soupçonné d'entretenir des relations particulières avec les enfants. Ce que j'ai pu observer lorsque dans la foule, je l'ai repéré entouré de petites filles, leur offrant friandises et sourire ravageur. D'ailleurs, je l'ai vu se rapprocher de l'un d'entre eux, et dire :

« Veux-tu que je te montre mon secret ? »

La gosse a répondu un petit « oui » plein d'entrain, et lui prenant la main, le Haut-Elfe l'a entrainé dans une ruelle. Évidemment, je l'ai suivi et le voyant seul avec la môme, j'ai attendu avant d'agir. Il a posé un genou devant elle, et ses grandes mains de bellâtre enfariné sur ses épaules, la petite n'a pas compris ses gestes, moi si. Il a glissé ses doigts sur sa poitrine plate, murmurant des mots que je ne pouvais pas entendre. Elle... elle ne comprenait pas, elle se contentait de le regarder, et lentement, il lui a enlevé chaque bouton de sa robe. J'ai refusé de voir la suite, et j'ai lancé un couteau qui a pénétré son cerveau de pervers. Il est tombé presque sur elle, et la petite a failli crier. Plaquant ma main sur sa bouche, je lui montrai alors un jeu de cartes :

« Choisis celle que tu veux. »

Un moyen comme un autre d'effacer de sa mémoire ce qui venait de se passer. Je lui dis de la garder en mémoire, et de la remettre dans le paquet, tournant les cartes dans ma main, les mélangeant, j'en pris une et la lui montra. C'était la sienne, et souriant, la petite fille se mit à rire ; je lui ébouriffai les cheveux en disant :

« Allez file... et prend ça. »

Je lui donnai un biscuit, et observai la petite filer. Une fois que je me fus assuré d'être bien seul, je pris une hache que je gardais sur moi, faisant tourner le corps sur le côté, je décapitai le Haut-Elfe et fourrai sa tête dans le sac de toile. Sifflant, je chantonnai :

« Y avait un regard,
Un grand ami crevard,
Qui a donné un coup dans le lard,
D'un pauvre tocard,
Avant de lui enfoncer son dard ! »


Je sifflotai, et tournai à droite.

*Compétences :

- Agilité | 1/2
- Combat à distance | 1/2
- Corps à corps | 1/2
- Discrétion | 1/2
- Condition physique | 1/2
- Maîtrise des Flux | /2
- Maîtrise de soi | /2
- Vigilance | 1/2
- Esquive | 1/2


Dernière édition par Fausse le Mar 21 Juin - 19:34 (2011); édité 4 fois
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MessagePosté le: Dim 19 Juin - 13:36 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Kimar
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MessagePosté le: Dim 19 Juin - 21:58 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

c'est un homme ou une femme au final ? oO
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Fausse
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MessagePosté le: Dim 19 Juin - 22:00 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Bah un homme, c'est précisé xD
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Kimar
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MessagePosté le: Lun 20 Juin - 03:59 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

ben ya plein de moment ou on se pose la question ... relis tu verra c'est rigolo =D
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Fausse
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MessagePosté le: Lun 20 Juin - 09:05 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Citation:
C'était un homme, sans doute un être humain qui s'est tenu dans ce bureau...


C'est clair pourtant ? ^^'
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Kimar
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MessagePosté le: Lun 20 Juin - 16:06 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

"je crois que si je la croise encore" dans mon souvenir il y avait plein de fautes comme ça et je comprenais pas trop du coup, après relecture il n'y a que celle la ... tu as mes plus plates excuses ^^"
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Fausse
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MessagePosté le: Lun 20 Juin - 16:13 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Ah je n'avais pas fait attention à cette faute xD

Pas de soucis.
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Fausse
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MessagePosté le: Mar 21 Juin - 19:26 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Petit up pour signaler que j'ai fini ma fiche ^^
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K'rëat Ürh
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MessagePosté le: Mar 21 Juin - 20:33 (2011)    Sujet du message: {Validée} Fausse Répondre en citant

Bienvenue !

En ce qui me concerne c'est bon, t'es validé. J'aime assez ce que tu as fais à partir du BG de base, l'histoire bien précise et les personnages, c'est plutôt original (même si pour l'instant tout est plus ou moins original ici XD).

Y'a des fautes, mais on s'en branle, ça reste très lisible alors te fatigue pas à relire.

Bon RP (et vas t'inscrire dans le RP scénarisé \o/ ) !!!
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:06 (2018)    Sujet du message: {Validée} Fausse

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